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Renan à Tahiti.
Dans une scène de Vivement Dimanche de Truffaut, Trintignant propose à Fanny Ardant sa propre vision des femmes, telle une lapalissade, la voix reflétant l'éclat du constat admiratif : "les femmes sont magiques". "Les femmes sont magiques", réponse à l'affirmative qui fait écho à l'interrogation quasi-obsessionnelle que ne cessait de ressasser Alphonse (Jean-Pierre Léaud), éternel idéaliste romantique en quête de réponses au sujet de l'énigme que suscite la gent féminine, dans La nuit américaine du même Truffaut.
Moi, pauvre hère, compte tenu du nombre incroyable de vestes que je me suis prises avec les filles, je ne dirais peut-être pas ça. D'ailleurs je connais très peu de personnes magiques, quel que soit leur sexe ou leur statut social. Pourtant, vieux et grabataire, je pourrai plus tard raconter à ma prodigieuse progéniture, devant un réconfortant foyer crépitant, que je connut très bien une personne magique. Cet être magique, c'est mon tonton-parrain, et moi, son neveu-filleul, je m'empresse de vous expliquer, à vous lecteurs privilégiés de ma prose approximative, le pourquoi de la magie dudit tonton, accessoirement concepteur de ce site.



Les premiers souvenirs concrets que je garde de lui, et que je garde de tout en général, datent de mes cinq ans. L'auteur de La Plume est alors âgé de seize ans. Il nous rend visite en Polynésie Française - où nous vivions - accompagné de son papa et sa maman (mon pépé et ma mémé), ainsi que de sa grand- mère (ma grand-mémé), de son vilain petit frére bouffi et patatophile (qui aime les patates de Bretagne, ndlr) et de sa guitare classique, afin d'animer nos soirées en nous chantant du Brassens ou du Claude Besson (rien à voir avec Luc du même nom).
Votre webmaster, qui entame sa puberté avec panache, est un solide gaillard, nourri au Fanta orange et au Nesquik, incroyablement stigmatisé par l'environnement culturel de son époque, c'est-à-dire la première moitié des 80's.


L'animal, bel éphèbe au corps rendu sculptural par de longues séances de tours de piste en cours de gym, arbore fièrement un formidable casque capillaire blond et touffu, semblable à la toque de John Wayne, campant Davy Crockett dans Alamo (rien à voir avec Frank Alamo), sans la queue de raton laveur. Cette coiffure, qui contribuera à installer son mythe, est une audacieuse coupe hybride, étonnant mélange entre la crinière de Sting époque The Police, le kitsch Billy Idol, Georges Michael de temps de Wham ! et les footballeurs Allemands genre Jürgen Kohler, pendant la World Cup Italia.

Déjà, ce tonton-parrain encore lycéen suscitait en moi l'admiration la plus intense, admiration que peut avoir un gamin de cinq piges pour un jeune homme en qui il voit une sorte de grand frère. Je me souviens le voir partir au loin, ramant sur sa pirogue comme s'il eut pagayé toute sa vie, voguant paisiblement au rythme du mouvement incessant d'un lagon turquoise vers les motus (prononcer "motous". Ce sont les petits îlots en Polynésie) les plus proches, tel Robinson, accompagné de son Vendredi de frangin.
Trop petit pour les suivre dans leurs aventures épiques que semblaient être pour moi ces explorations océanographiques, je contemplais inlassablement leur éloignement progressif de la plage à bord de leur embarcation de fortune, versant une petite larme de regrets, ces regrets qui hantent l'esprit des plus petits qui n'ont jamais le droit de suivre les grands, et ça c'est vraiment trop injuste.

A cette époque, le concepteur de votre site ornitho-rigolo préféré aiguise sa curiosité d'écologiste en herbe, admirant les merveilles de la nature et collectionnant avec passion les fossiles et coquillages en tous genres. Du haut de son âge avancé, le tonton-parrain de plus d'une décennie mon aîné, incarne la connaissance, celle de l'élève studieux et avide de culture. Mais il incarne aussi l'assurance, le charisme et la force, me rappelant le héros de mon film favori d'alors, Les Goonies, où il est question de galion, de gangsters, de bisous sur la bouche, de trésors de pirates et de barres de chocolat Baby-Ruth.
Aujourd'hui, tonton-parrain n'a pas changé, fidèle à lui-même. Quand on grandit, que l'on devient à son tour un adulte, on ressent le besoin de points de repère solides, le réconfort des choses et des personnes qui gardent leur fraîcheur d'antan et demeurent complices à tous moments. C'est en cela que tonton-parrain est magique.

Philippe Levaillant



Renan LEVAILLANT est aussi l'auteur de Pouyo et les oiseaux