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Il y a pic et pic (et colégram)
"Pourquoi y'a que pour quelques pékins pas cons qu'y a pas qu'un pic, mais un paquet de pics ?" s'interroge le Pic vert en martyrisant la surface du tronc.
"Moi, je me pique de le savoir" répondra ce dernier sur l'air des cactus, pour peu qu'il se prénomme Jacques (hu, hu, hu).







Par cette frappante question, notre volatile dénonce l'immense majorité des promeneurs sylvestres, qui ne savent baptiser les différents oiseaux grimpeurs autrement que par le standard "pivert". C'est par trop réducteur. Vous vous imaginez, vous, nommer "chat" tout représentant des félins ? Si oui, allez donc faire un tour dans la fosse aux tigres du zoo de Vincennes, muni d'une boîte de Ronron, et revenez m'en parler (si vous pouvez).
Le Pic vert est le membre le plus connu de l'ordre des piciformes, ces oiseaux qui entretiennent leur santé en pratiquant la natation... [blanc]... mais naann, j'rigole. C'était pour voir si vous suiviez. Les piciformes sont des oiseaux piqueurs, évidemment. Ils piquent pour creuser leur logis, pour se nourrir ou pour draguer (en étant bref sur les fonctions du piquage).

Au sein de l'ordre un peu hétéroclite des piciformes, intéressons-nous aux picidés, la famille des pics. Ces oiseaux ont une morphologie commune très caractéristique : aptitude à grimper grâce à des doigts en opposition (4 sauf avis contraire, voir plus loin), de robustes plumes caudales (c'est sur la queue) pour s'appuyer au tronc, un bec-marteau-piqueur et une langue interminable permettant, telle celle du caméléon, de harponner les larves et les insectes se croyant bien à l'abri sous l'écorce (les naïfs).


Les pics comptent une dizaine d'espèces en Europe, et plus de cinquante de par le monde, vous imaginez le boucan. Les pics de chez nous élaborent une jolie déclinaison de tailles et de couleurs, du Pic noir (ci-contre) qui frise le gabarit d'une corneille, au Pic épeichette qui la ramène à peine devant un moineau, en passant par le Pic épeiche (ci-dessus à droite), l'espèce qui concurrence le Pic vert en termes de facilité d'observation. Quant au Pic tridactyle, comme son nom l'indique, il joue l'anticonformiste en arborant trois doigts au lieu de quatre comme ses petits camarades.
Seul le Torcol fourmillier fait figure d'excentrique de la famille avec son bec beaucoup plus court, sa queue molle ne pouvant servir d'appui et son plumage dans les teintes brunes avec de jolis motifs. Vous noterez la qualité imagée de cette description qui me dispense de vous fournir un dessin.

Je n'ai pas achevé ma remontrance envers les ignares qui voient du "pivert" partout. D'autres oiseaux qui ne sont mêmes pas des pics se voient affublés du titre de piverts sous prétexte qu'ils ont le malheur d'aimer aussi la grimpette. Citons en premier lieu la Sittelle torchepot (ci-dessous), hôte commun de nos jardins mais que le grand public ignore superbement (voir l'article sur la question ). Signalons itou les grimpereaux (des bois ou des jardins), au plumage brun et au bec recourbé caractéristique.






Cet article touchant à sa fin, chantons en coeur, sur l'air des lampions, à destination des lecteurs enfin éclairés (d'où les lampions) :

Ham, stram, gram
Pic et pic et colégram
Je ne suis plus un quidam
Quand je récite à la dame
Les espèces qui grimpent aux arbres
(la dernière rime est un drame)
Ham, stram, gram.


Renan LEVAILLANT est aussi l'auteur de Pouyo et les oiseaux