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Il n'y a pas que le coucou qui fasse coucou. Je veux dire par là que de nombreuses bêtes à plumes ont un nom qui rappelle directement leur ramage.
C'est parfois assez évident. Par exemple, pour les râles on se doute bien qu'ils ne s'exprimes pas en susurrant des chansons d'amour de Julio Iglesias, vu leur nom... Le Râle des genêts pousse effectivement un genre de... râle. Le Râle d'eau, son cousin des zones humides, pousse un cri qui rappellerait plutôt celui d'un cochon qu'on égorge.





Il en va de même pour les pipits, ce groupe de passereaux aux nombreuses espèces dont la différenciation sur le terrain est parfois une redoutable épreuve pour l'ornithologue amateur. Le nom de pipit n'a rien à voir avec une quelconque incontinence. Lorsqu'ils prennent leur envol, ils émettent souvent un "pit, pit !" énervé, bien reconnaissable.
La caille : pareil ! Son margotement (c'est son cri) est implicite dans son nom, dès le Moyen-âge: quaccula en latin de l'époque (je parle couramment le latin médiéval).
Plus subtil : le canard, ou plutôt LES canards, car il y en une palanquée : Colvert, Souchet, Siffleur, Chipeau, et autre Pilet. En effet, si la racine de canard est bien du latin bon tein anas, -atis, le "C" a été astucieusement placé devant par nos ancêtres médiévaux afin de rendre cette désignation plus expressive, c'est-à-dire plus représentative du célébre COIN.


Toujours plus fort : le Vanneau huppé, joli petit échassier qui hante par milliers nos plaines en hiver (ci-contre), doit son nom à son cri qui rappellerait le bruit du van (l'outil servant à vanner, c'est-à-dire débarrasser les graines de leur gaine).

Au delà de ces étymologies évidentes ou pour le moins concevables, il faut parfois faire preuve d'un peu d'imagination, ou de politesse à l'égart du naturaliste, pour admettre que le cri de l'oiseau se retrouve dans son nom. Prenez le Tarin des aulnes (ci-dessous) par exemple. Pierre Belon, éminent naturaliste du XVIème siècle, a entendu dans "tarin" le cri de ce petit granivore... ouaih. Bon. Ne portons pas ombrage à ce bon Pierre Belon, qui peut-être forçait un peu trop sur le muscadet avec ses huîtres (de Belon).
Le tarin est aussi, depuis le début de ce siècle, notre appendice nasal. Le lien avec le bec de l'oiseau est probable, sans être certain.








A propos de nez, cessez de curer le vôtre en visitant mon site, c'est très impoli.



Renan LEVAILLANT est aussi l'auteur de Pouyo et les oiseaux