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Le coup du coucou rend cocu.


Tout le monde connait le coucou. Enfin : "connait"... hum. Qui peut se vanter d'en avoir vu ? Tel un ectoplasme narguant le promeneur de son appel taquin, le cuculus canorus n'affiche guère une propension tangible à la visibilité ostentatoire. Autrement dit, le coucou s'entend mais ne se voit pas. J'aurais pu dire ça directement, mais j'aime bien emploillé des maux compliquer pour montré ma mêtrise du franssais.
Profitez-en, admirez le specimen ci-contre de Coucou gris, espèce représentée par une forme grise, comme ici, et une forme rousse ; mais toutes deux sont des Coucous gris. Peut-être parce que "Coucou roux", ça sonne un peu bizarre...

Bon, nous sommes dans la rubrique Etymologie, il serait temps que j'aille au fait. Nos experts de la langue (je ne parle pas des colleurs de timbres) ont rapproché le nom de notre volatile du terme "cocu".
"Tant qu'ils ne le rapprochent pas du mien, ça ne me dérange pas", me répondront les personnes mariées. Certes, mais là n'est pas l'objet de mon propos. Laissez-moi plutôt porter à votre connaissance ce que mon dictionnaire étymologique raconte sur la question du cocu : Variante ancienne de coucou , qui a pris le sens fig. parce que la femelle du coucou pond dans le nid d'autres oiseaux ; le cri moqueur du coucou a été interprété comme une appellation ironique à l'égard de l'oiseau trompé.
Diantre ! Supposons que je sois surpris en position d'adultère par le mari de ma maîtresse (ce n'est qu'une hypothèse, calme-toi, ma chérie). Croyez-vous qu'à l'entrée dudit cocu dans la chambre, c'est d'imiter le volatile qui me viendra d'emblée à l'esprit ? Si le mari entend quelque chose venant de moi, ce serait plutôt le bruit de mes genoux qui s'entrechoquent depuis l'intérieur de la penderie.






Vous me direz, il s'agissait d'une parabole. D'accord, mais n'empêche : un détail très important a échappé aux étymologistes, et peut-être même aux inventeurs du mot : figurez-vous que la femelle du coucou est polyandre ! Elle côtoie en effet plusieurs mâles à la fois sur son territoire de ponte. Le cocu n'est pas toujours celui que l'on croit !

La suite, on la connaît : la femelle va déposer en douce ses oeufs un par un (jusqu'à un total d'une vingtaine) dans autant de nids d'une autre espèce, profitant d'un instant d'inattention des malheureux "hôtes". Mais ça ne marche pas à tous les coups : le couple grugé flaire parfois la supercherie et abandonne sa couvée, voire balance l'oeuf pirate. Plus de 100 espèces de passereaux risquent cette arnaque qui n'a toujours pas été dénoncée par les associations de défense des consommateurs.
Une fois éclos, le rejeton parasite va mettre tout le monde dehors, oeufs ou petits demi-frères ou demi-soeurs, et se faire engraisser comme un cochon par des parents adoptifs bientôt deux fois plus petits que lui et qui devraient porter des lunettes...

Une autre étymologie est avancée pour cocu : la racine serait la même que coquille, pour évoquer le fait que le cocu est traditionnellement coiffé par l'imagerie populaire ; coiffé d'une coquille comme Calimero, dans le cas présent. N'étant qu'ornithologue amateur et non conchyliculteur, je ne m'appesantirai pas plus sur cette seconde et fumeuse étymologie.



Renan LEVAILLANT est aussi l'auteur de Pouyo et les oiseaux