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Je broie du noir pour la corneille.
Déjà qu'elle essuie l'opprobre du bas peuple du fait d'une calamiteuse et calomnieuse réputation de mauvais augures, il faut qu'en plus la Corneille noire n'ait même pas le droit qu'on l'appelle par son vrai nom. C'est en effet par "corbeau" que la Plèbe (composé de tous ceux qui se tapent de l'ornithologie) désigne le malheureux volatile.
Devant cet agglomérat visqueux de superstition et d'ignorance, je broie du noir. J'en broie tellement que j'en ai tout un stock. Je vais donc pouvoir illustrer le présent article dédié aux corvidés, tout au moins ceux qui, parmi eux, portent le deuil toute leur vie. Le deuil de leurs illusions perdues quant à l'ouverture d'esprit des Hommes, sans doute. Snif.

C'est bien simple : dans la majeure partie des cas, quand vous observez un oiseau tel que celui représenté ci-dessus (que, sans vergogne, vous avez baptisé "corbeau"), vous avez affaire en réalité à la Corneille noire. Les rares fois où, en toute rigueur, vous aurez raison (ou le bol) de parler de corbeau, auront pour théâtre des situations bien particulières, au nombre de deux (quand je vous disais que c'était simple) :


PREMIEREMENT : vous êtes dans un lieu vraiment sauvage, typiquement en montagne ou dans une région escarpée, lorsqu'un GRAND oiseau noir vous survole. Avec un peu de chance, il vous gratifie de son cri gutural et varié faisant plus penser à un plaisantin qui flatule de la bouche dans un haut-parleur qu'au conventionnel croassement. C'est sa majesté le Grand Corbeau. Faute de le voir simultanément avec sa consœur la corneille, on ne se rend pas forcément compte de son impressionnant gabarit. Voilà pourquoi mon sens inné de la pédagogie m'a inspiré la représentation à l'échelle de leurs silhouettes respectives : 1,20 m d'envergure pour le grand corbeau, contre 90 cm pour la corneille. Observez au passage la queue du grand corbeau, cunéiforme, comme disent les spécialistes.


DEUXIEMEMENT : vous vous trouvez plutôt en plaine, en particulier dans une zone de cultures. Une bande bruyante d'oiseaux noirs cherche pitance au sol. A bien y regarder, vous leur trouvez un je-ne-sais-quoi de plus macabre que d'habitude... ça y est, vous y êtes : c'est ce bec dont la base est complètement déplumée, ce qui accentue l'effet "croque-mort" de l'animal (ci-contre).
Ne cherchez plus : vous avez affaire au Corbeau freux. Si les Corbeaux freux passent une bonne partie de la sainte journée à se dandiner et picorer au sol comme des poules, ils savent aussi faire admirer de splendides ballets aériens à faire pâlir d'envie la Patrouille de France. Comme quoi on peut avoir l'air un tantinet lugubre et malgré tout susciter l'admiration des curieux de la Nature.

Bien sûr, les plus bigleux trouveront encore le moyen de confondre ces oiseaux avec le Choucas des tours, mais là, je renvoie ces attardés à un autre article de La Plume, qui traite déjà du choucas, et d'une autre confusion hyper-classique avec, cette fois, le Chocard à bec jaune, sans oublier d'y mentionner un sixième larron, le Crave à bec rouge, lui aussi adepte des régions sauvages et escarpées, comme le Grand corbeau ou le chocard (vous me suivez ?).

Dites, de ressasser ainsi toutes ces idées couleur de charbon, ça me mine.
Voilà pourquoi dans l'autre article sus-mentionné, je vous parle aussi des corvidés qui réveillent la palette du dessinateur. Le lien que voici vous permettra de les découvrir.


Renan LEVAILLANT est aussi l'auteur de Pouyo et les oiseaux