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Le chocard en a marre.

Parfaitement, le chocard en a marre. Marre d'être appelé choucas par ces hurluberlus en doudounes criardes et montés sur spatules qui, entre deux pistes bleues, veulent jouer aux spécialistes de la montagne et pointent vers lui un bâton qui se veut connaisseur.
Le chocard est à peine plus indulgent vis-à-vis des autochtones, qui se défendent de la méprise en arguant du fait que "choucas" est une appellation locale de "chocard". Ah ben oui mais si l'appellation locale enduit d'erreur tout le petit peuple des stations de sport d'hiver, où va le monde, hein ? Boire un vin chaud. Je sais.
Bref, regardez bien ci-contre ce qu'est le choucas, plus précisément Choucas des tours qui hante, on l'aura compris, les vieilles bâtisses et tâchez de mémoriser son œil gris bleuté et la tâche poivre et sel de sa nuque, indices imparables pour le distinguer du Chocard à bec jaune, montagnard bon teint qui pourrait rappeler un gros merle à pattes rouges, ci-dessous.





Pour peu que vous alliez en villégiature alpine dans un village où la vieille église abrite des choucas, vous voilà avec les deux volatiles sur les bras. Vous serez bien contents alors de les distinguer l'un de l'autre, hein ?
En tout cas la ressemblance entre les deux compères n'est pas fortuite car tous deux sont membres de la vaste famille des corvidés vulgairement corbeaux, qui compte de nombreux personnages endeuillés tels que la Corneille noire, le Corbeau freux, l'imposant Grand Corbeau ou le Crave à bec rouge.


N'allez pas croire toutefois que le noir est la seule couleur portée par les corvidés. Certains, peut-être à des fins cinématographiques, ce sont lancés dans le noir & blanc : c'est le cas de la Corneille mantelée, qui porte un joli débardeur écru sur ses dessous noirs (ouh l'aguicheuse !) et bien sûr de notre bonne pie, justement nommée Pie bavarde. Vient ensuite le TECHNICOLOR avec le superbe Geai des chênes qui sait se faire discret jusqu'au cœur de nos cités malgré son plumage baroque (ci-contre).
Quant au Cassenoix moucheté (ci-dessous), il se contente de reproduire la "neige" de l'écran TV quand l'antenne hertzienne est en panne. J'ai conscience que cette blague tombera à plat sous peu avec l'avènement du numérique.
Bref, il y en aurait des choses à dire sur les corvidés, tant ils sont victimes de confusions (dénoncées, je le rappelle, sur ce site), quand ce n'est pas carrément de la vindicte populaire (oiseaux de malheurs et tout ce qui s'en suit). Ils font d'ailleurs l'objet d'un autre article.




Renan LEVAILLANT est aussi l'auteur de Pouyo et les oiseaux